
Village d'Aït Bouguemez, Haut Atlas
Fatima Aït Ouarab
Tisseuse de tapis berbères
Fatima a appris le tissage à l'âge de neuf ans, assise aux côtés de sa grand-mère devant le métier en bois de cèdre installé près de la fenêtre. Cinquante ans plus tard, c'est elle qui transmet : ses filles et ses voisines viennent chaque semaine apprendre les nœuds, les tensions, les motifs.
Elle ne travaille jamais d'après un dessin. Les losanges, les zigzags et les lignes de vie naissent directement sous ses doigts, guidés par la mémoire et les saisons. Un grand tapis lui demande parfois deux mois de nœuds serrés, au rythme du cardage de la laine et des teintures au henné et à la grenade.
« Un tapis, dit-elle, c'est un journal que l'on écrit avec la laine. Quand il part loin, une part de notre village voyage avec lui. » Chacune de ses pièces porte, nouée dans un angle, sa petite signature : un double losange, le signe de sa famille.






