18 juin 2026 · 7 min · L'équipe Maralya
Les métiers du cuir : dans les tanneries de Fès

La tannerie de Chouara, à Fès, est l'un des plus anciens ateliers du monde encore en activité. Depuis près de mille ans, les peaux de chèvre, de mouton et de vache y passent de cuve en cuve, portées à bout de bras par des tanneurs qui n'ont jamais cessé de se transmettre les gestes de père en fils.
Le travail commence par le nettoyage : les peaux trempent plusieurs jours dans un mélange de chaux, d'eau et de fiente de pigeon, dont les enzymes assouplissent la fibre et permettent de retirer les poils. C'est cette étape, la plus ingrate, qui détermine la souplesse finale du cuir — un cuir mal préparé ne prendra jamais correctement la teinture.
Vient ensuite le tannage végétal, à l'écorce de mimosa ou à la noix de galle, puis la teinture dans les célèbres cuves colorées : coquelicot pour le rouge, safran pour le jaune, henné pour l'ocre, indigo pour le bleu, menthe pour le vert. Rien n'est chimique, et c'est pour cela que deux peaux ne sortent jamais avec la même intensité de couleur.
Les peaux séchent enfin à plat sur les terrasses, au soleil, avant de rejoindre les maroquiniers de la médina : babouches, poufs, coussins, ceintures, sacs, reliures. Un pouf en cuir cousu main demande une demi-journée de travail à l'aiguille, avec un fil de lin ciré passé point par point.
Le cuir tanné naturellement se reconnaît à son odeur — franche, un peu boisée — et à sa patine : il fonce et s'assouplit avec l'usage au lieu de s'écailler. Chez Maralya, nous privilégions ces cuirs à tannage végétal, plus durables, et nous documentons pour chaque pièce l'atelier dont elle provient.